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Pourquoi savoir compter
de 1 jusqu’au millier et toujours ignorer que
1 masque 0
rond comme une bulle, fragile, prêt à éclore
et permettre la vie de toute une ribambelle de chiffres
désopilants et propices au symbole ?
Rond comme le ventre ou le sein de la femme,
cela est le 0 d’où jaillit droit le 1
qui ne demeure fier et d’un pas assuré,
que dans la reconnaissance de son unicité.
Puis trottine le 2
bras dessus, bras dessous, c’est le copain qu’on aime,
le p’tit frère ou la sœur
à qui dans le chagrin on offre sa confiance.
Serrés l’un contre l’autre, blottis entre les bras,
ce peut être la peluche ou encore l’animal bien vivant cette fois
qui, par sa douceur même, son ronron, ses émois,
incite à crier fort au-dessus des toits
que l’histoire du 2 élimine toutes règles mathématiques, logiques, au profit sans mesure de l’amour et ses lois.
Ainsi le 3, le 4, le 5, le 6, le 7 dansent la farandole,
évoquent tour à tour divers sentiments créant la nuit, le jour.
La trahison possible, l’exclusion certaine,
rompent douloureusement une harmonie sacrée chez le 3 abîmé.
Le 4 bien ordonné dodeline paisible sur sa patte élancée.
Sans qu’on le perçoive obligatoirement,
le 5 est habillé d’un costume complet,
contrairement à ses pairs,
formé gracieusement d’une courbe et de deux droites.
Il est le trait d’union, médiateur attentif.
Le 6 donne l’envie de s’élancer
en l’air du temps où les oiseaux poètes ressuscités
sifflent, chantent gaiement sonates, concerti
et racontent érudits les couleurs de la vie.
Le 7 sec et froid souffre du mal d’aimer.
Le 8 ambassadeur de la sérénité ouvre la route au 9,
sorcier parmi les grands,
qui , avec dextérité et un don infaillible,
permet éternellement tout recommencement.
Pourquoi savoir compter de 1 jusqu’au millier
et toujours ignorer….
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