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Puisant ses ressources vitales dans l’intime maternel, Ellil découvrit
la magie du monde originel et le pouvoir des sens. Ainsi allait sa vie
pendant neuf mois précis. Imperceptiblement elle explorait une contrée
issue de la connaissance primordiale et s’habillait progressivement du costume
fonctionnel autorisant son apparition au monde tangible.
Au terme et nécessairement, Ellil quitta physiquement les territoires
des mystères éternels et aborda ceux de la finitude. Dès lors, préservant
ses liens privilégiés avec l’univers magique, une force inébranlable s’emparait de lui.
Alors son esprit habitant la tête la haussait, la vrillait et la contorsionnait
afin d’explorer avec avidité les paysages de l’onirisme. Le tronc et les membres
confirmaient sa présence terrestre et servaient habilement la sonde voyageuse.
Celle-ci s’arrêtait dans des lieux précis et, à y demeurer, irradiait une lumière
douce et vive à la fois.
Tonique et solaire Ellil protégeait précieusement en elle ou bien dévoilait
son savoir particulier. Cela dépendait de l’accueil réservé à ses acrobaties
mentales. Si les personnes qu’il côtoyait, vagabondaient aisément dans les ailleurs
immatériels, naturellement elles vibraient à l’unisson d’Ellil. Si celles-ci
avaient oublié, pour quelque raison que ce fut, les voyages passés, alors elles
sanctionnaient frustrées, mauvaises, imbéciles ou maladroites car le plus souvent
inconscientes des conséquences de leur acte sur le futur de l’enfant.
Néanmoins, malgré cela, tenace et volontaire, Ellil persistait à cheminer
sur la voie de la sagesse puisque née de l’origine du monde.
(…)
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