"Hector"

Ah ! Hector mon ami ! Je me souviens. J’avais cinq ans, j’étais allongée

rêveuse au pied de mon arbre quand tout à coup, je t’aperçus.

J’assistai béate à ta naissance au creux de ma main. Châtain, légèrement roux, très fin.

Les années qui suivirent, tu fus mon confident celui auquel je racontais

mes joies et mes chagrins. Adolescente je décidais de te nommer Hector,

oh ! Mon cher et tendre Hector ! Ô toi le plus beau poil dans la main

qui m’ait été donné de voir  enfin n’exagérons rien, soyons plus modeste. Toujours est-il

qu’à l’âge adulte je te vouais une reconnaissance incommensurable

même si, il faut bien le dire, tu me fis la vie rude parfois.

A ce jour tu es ma troisième jambe celle qui ne faillira jamais.

L’heure de mon départ approche Hector et tu seras le seul

l’unique à m’accompagner dans ma dernière demeure.

Mais tandis que je ne serai plus que poussière toi mon cher Hector

tu te métamorphoseras en une baguette d’or et tu me joueras triomphant

une musique somptueuse et céleste.

 

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