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C’est égal. Il sait que si je marche vers lui vibrante et amoureuse,
je n’ignore pas la limite de mes attraits. Jamais je ne le vis la juger avec
malveillance non plus avec ironie. Il me prend telle que je suis comme
il sait accepter avec une égale bienveillance tous ceux qui s’approchent de lui.
Quiconque le fréquente, note son don exceptionnel. Car, il sait recueillir
l’autre avec son apparence comme le reconnaître aussi bien au-delà.
Aisément il transgresse les idées préconçues, les modes abêtissantes et
toutes notions arbitraires de hiérarchies humaines. Aucune barrière sociale
n’obstrue son esprit. Pas la moindre once de délit d’exclusion, pas le moindre
soupçon de rejet du passant ni autres phobies aux origines absurdes.
Avec un doigté particulièrement subtil il accueille ses hôtes d’identique manière.
Plus encore. Il tire avantage de toutes ses rencontres, valorise chacun,
exacerbe les traits de façon judicieuse. Qualité ou défaut, tout devient honorable.
Il pousse le paroxysme à les faire s’aimer, parfois même à l’estime.
C’est pour cela que je l’aime.
Il appartient à cette catégorie de personnages qui vous grandissent,
vous embellissent et vous accordent le droit de vous penser aimable.
Aucune entrave ne peut avoir raison de lui. Son esprit ouvert et généreux
jamais ne se soumet à un dogme quelconque. Il casse, rompt, s’il faut avec violence,
les chaînes des pouvoirs autoritaires qui prônent la négation de tous ceux qui diffèrent.
Il est ainsi. Libéral libérateur des petitesses et monstrueuses médiocrités.
Malgré lui il rayonne et abandonne à tous un peu de sa lumière. Cela est,
je crois, une description fort juste de sa structure personnelle. Embellie ?
Rien n’est moins sûr. Que dîtes-vous ? Les émois amoureux modifient la vision ?
Sans doute. Cependant je ne suis point la seule à le percevoir ainsi.
Le portrait que je peins, d’autres le peignent aussi.
Il faut que son charme soit des plus convaincants pour provoquer ces troubles,
extrêmes cataclysmes, chamboulant en un coup ma vie si bien réglée sur des sons
monocordes. Jamais au grand jamais on ne me fit cet effet.
Comment se nomme-t-il ? Vous le voulez connaître ? Cherchez dans les recoins de la
mémoire du temps. Unique il paraît :
Théâtre
Humain
Emouvant
Amant
Tragique
Railleur
Eternel….
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